Ceci est la publication d’un article déjà ancien datant d’avant que je me décide à ouvrir ma section politique…
Il me semble que lorsqu’on est dans une impasse, face au mur, il n’y a qu’une voie pour en sortir : faire marche arrière.
Car s’acharner à vouloir aller de l’avant dans une impasse, c’est vouloir démolir le mur. Or, je ne vois qu’un moyen de passer à travers un mur : utiliser un char d’assaut.
Je ne veux pas que la classe politique de mon pays me force à suivre les chars d’assaut.
Je voudrais que l’on me laisse être moi-même : fils d’un francophone et d’une Flamande, tous deux Bruxellois, mais ç’aurait pu être de n’importe quelle ville belge. Ce ne sont pas les Yves Leterme ou les Jean-Claude Van Cauwenberghe qui pourraient me contredire. Je ne veux pas avoir à me faire violence, je veux transmettre à mon fils la fierté de ses racines et de ses ramifications.
Je voudrais que l’on aille en arrière de toutes ces réformes institutionnelles ratées qui ont prouvé qu’elles nous menaient dans le mur. Je suis chômeur et il m’est clair que c’est dû au fait que je ne parle pas néerlandais. Je n’ai que quelques notions de bruxellois grâce à ce que ma grand-mère maternelle m’a appris. J’ai l’accent.
Le monde politique a scindé l’enseignement en parfaite connaissance que les moyens alloués à la Communauté française pour l’enseignement étaient insuffisants. À l’époque de la scission de l’enseignement, les décideurs des deux communautés ont fait en sorte que les francophones ne puissent pas efficacement apprendre le néerlandais. Ça correspondait à de l’épuration ethnique car on ne voulait pas que les communautés se mélangent, se comprennent. Et ça a eu comme effet que les communautés se sont d’autant moins respectées. Au lieu d’apaiser le conflit communautaire, les responsables politiques l’ont exacerbé.
Ceci est la démonstration de la faillite de la communautarisation de l’enseignement - et de toute politique communautaire - en Belgique.
On demande tellement souvent aux responsables syndicaux, aux travailleurs, de revenir en arrière par rapport à leurs acquits. Si eux sont forcés d’accepter, sinon on les place souvent devant la faillite de leur entreprise, si souvent les entreprises faillies sont reprises à de nouvelles conditions restrictives pour le personnel, il est logique de se dire que si les institutions politiques sont en faillite, en faillite de confiance notamment de la part du pouvoir ultime : celui du peuple, celui dont ces institutions ne sont que des services car elles n’ont en aucun cas le pouvoir qu’elles se sont auto-octroyé, les institutions ont à se remettre en cause complètement ou nous, les actionnaires, nous pouvons les déclarer faillies. Nous avons le droit de nous scinder, de ne plus voter, ne plus payer d’impôt, de jeter nos papiers d’identité et de nous déclarer apatrides.
Certains politiciens demandent un changement de méthode… Difficile de leur donner tort si tout coince.
Mais sur quelle méthode s’accorder ? Donner aux responsables politiques, de tous les partis confondus responsables de la faillite, carte blanche ? Non !
Les négociations politiques dans le secret, au détriment de la population et de l’information ne fonctionnent pas. Nous avons le droit de savoir ce que les politiciens nous préparent. Nous ne devrions pas être mis devant le fait accompli. Nous méritons d’avoir notre mot à dire car nous payons les politiciens pour nous représenter, pas l’inverse.
Seulement, à la base, la procédure électorale nous a spolié de notre avis. Depuis des années, nous ne pouvons plus voter que pour les membres d’un seul parti, dont si son avis nous représentait entièrement, nous serions le président. Ça pourrait dire que nous sommes d’une belle maturité politique, pour nous accorder si parfaitement à quelques positions seulement.
Mais il ne s'agit pas de ça, de si beaux accords unanimes. La vérité c'est que le processus électoral nous a volé notre avis. Nous devrions récupérer le droit de saupoudrer nos votes sur les candidats qui nous représentent vraiment, de tous les partis en même temps. Ça aurait le mérite de plus nous impliquer en politique, de nous accorder de la maturité politique, plutôt que de nous forcer à voter pour un chat dans un sac.
Seulement, il semble bien que la maturité politique des électeurs n’intéresse pas tellement le monde politique. À chacun son métier : il y a ceux qui font la société, et il y a ceux qui décident de ce qu’ils accorderont aux premiers pour ce faire. On se demande bien pourquoi ?
Le culte du secret qui entoure les récentes négociations - mais aussi les précédentes dites de « l’orange bleue » - est un simple déni de démocratie. La démocratie est basée sur différents pouvoirs : parlementaire, exécutif, Justice, presse, électoral…
Mais les derniers sont systématiquement écartés des discussions. Comment s’étonner dès lors du manque de maturité politique de la population si celle-ci est laissée dans l’ignorance de ce qui importe le plus pour elle ?
Le déni d’information tel que pratiqué dans notre système politique n’a rien à envier aux dictatures. Il est tellement plus simple de museler l’opinion en douceur, de réserver les discussions, de n’accorder la parole qu’aux « partis démocrates ».
Mais de quels partis démocrates s’agit-il dans ces conditions ? Et comment peut-on être à la fois partisan et démocrate ? Le système électoral tel que pratiqué est une confiscation de la démocratie.
Tout le monde s’accorde pour dire que nous avons besoin d’un gouvernement… Mais quel gouvernement ? Nous en avons déjà six, sans compter le Conseil européen !
Nous avons besoin d’un bon gouvernement, d’un gouvernement qui nous représente tous.
Il n’y aurait pas plus simple et rapide pour en former un que de le désigner à la proportionnelle. Tel parti aurait tant de pourcentage d’élus ? Ce parti aurait autant de ministres. Et à sa charge de les présenter au Roi. Tandis qu’il serait à la charge du Roi de désigner un Premier Ministre.
Ce pourrait être fait le temps d’une semaine, voire deux, au maximum, dès les résultats des élections connus.
Et pour quoi faire un gouvernement ? Pour exécuter les décisions du Parlement démocratiquement élu. Ni plus, ni moins.
Un gouvernement n’a pas besoin de négocier la participation de tel ou tel, de négocier telle ou telle politique. Un gouvernement n’a pas à décider des orientations politiques. Les orientations politiques, c’est à la population, au travers du Parlement, qu’elles incombent, dès que la population est valablement informée.
Chaque parti définit un programme et chaque candidat politique a le sien censé rejoindre la ligne de son parti.
Ce qui nous vaut des programmes et des discours de candidats particulièrement insipides. Ces candidats n’ont plus aucun courage politique en dehors de la ligne du parti. C’est à se demander comment ils arrivent à avoir des voix de préférence ? Bien-sûr, certains ténors sont élus sur base de leur notoriété car ils ont parcouru un chemin politique, certains ont une notoriété due à leur passé professionnel. Mais si on connait les idées des premiers, on ne connaît pas les idées de ceux souvent parachutés sur les listes électorales grâce à leur blondeur, à leurs origines ethniques, juste pour coller à l’électorat.
Placer aux premières lignes d’une liste électorale des vedettes de la télé, dont on sait que par pluralisme elles n’ont jamais pu faire valoir des idées propres, dont on sait que pour trouver ainsi une place de choix elles n’ont pas d’idées propres mais suivent simplement la ligne dictée par le parti, est une escroquerie électorale, du marketing publicitaire. Mais qui est assez crédule pour ignorer que le marketing et la publicité ne sont pas de l’information et certes pas une quelconque vérité d’intérêt commun ?
D’ailleurs, quel programme faire valoir au niveau local, voire national, si tout est décidé en premier lieu au niveau de l’Europe, du parlement européen, et si en fin de compte, les parlements nationaux, régionaux ne servent plus à grand-chose ; si les gouvernements locaux ne sont que l’exécutif de l’Europe ?
La politique est désormais internationale, mais on nous fait croire que les gouvernements nationaux, régionaux, communautaires sont essentiels !?
Les décisions se prennent au niveau de l’ONU, de l’OTAN, de l’Europe et on voudrait nous faire croire que la scission, la régionalisation, la communautarisation de la Belgique sont nécessaires, on voudrait nous faire croire que la scission de l’arrondissement électoral de BHV serait utile !?
Si c’est utile, c’est d’un point de vue électoral politico-politicien uniquement ! Le monde politique est arrivé à nous faire croire qu’ils sont nos dirigeants alors qu’ils ne sont que des super-fonctionnaires dont nous sommes les patrons.
Ils ne négocient plus entre eux que pour conserver leur place, leurs visions électoralistes et on voit bien que l’essentiel, le bien-être et l’emploi de la population, est secondaire. Ils ne travaillent avant tout que pour sauver leurs voix, nos voix, qui les maintiennent en place dans leurs privilèges.
Mis à jour (Lundi, 16 Janvier 2012 11:22)